Le soleil se lève à peine sur les vignes de Daurion et la journée est déjà commencée.
Cette année, les premières vendanges ont débuté le 11 août 2026, une date exceptionnellement précoce, reflet d’un millésime marqué par la chaleur, le manque d’eau et des maturités parfois très rapides.
Plus que jamais, il a fallu suivre les parcelles une à une, goûter les raisins, surveiller les équilibres et décider au bon moment.
En 2026, le calendrier n’a pas dicté les vendanges.
C’est le raisin qui l’a fait.
Une année exigeante, mais généreuse
La canicule et la sécheresse ont imposé une vigilance constante.
Mais ce millésime montre aussi qu’un vignoble bien suivi peut conserver un bel équilibre malgré des conditions climatiques difficiles.
Au Domaine Daurion, 2026 nous apporte également un volume important, résultat d’un travail régulier dans les vignes, d’une bonne anticipation et d’une conduite adaptée au millésime.
La chaleur ne condamne pas nécessairement la récolte.
Lorsqu’on sait accompagner la vigne, préserver son équilibre et intervenir au bon moment, elle peut continuer à produire des raisins de qualité tout en conservant un rendement satisfaisant.
Vendanger tôt pour préserver la fraîcheur
Une grande partie des journées a commencé avec les premières lumières.
À cette heure-là, les raisins sont plus frais et arrivent au chai dans de meilleures conditions.
Dans un millésime solaire comme 2026, ces quelques heures comptent.
Notre objectif n’était pas seulement d’atteindre la maturité, mais de préserver la fraîcheur, les acidités et le goût naturel du raisin.
Un rosé construit sur l’équilibre
Notre rosé 2026 repose sur un assemblage à base de Syrah et de Grenache, complété par du Viognier.
La Syrah apporte le fruit et la tension, le Grenache la rondeur, tandis que le Viognier apporte une touche aromatique supplémentaire.
Là encore, l’essentiel est l’équilibre : maturité, fraîcheur et finesse.
Trois rouges, trois interprétations
Cette année, nous avons choisi de travailler nos rouges selon trois approches de vinification très différentes.
La première recherche avant tout le fruit, la souplesse et la gourmandise, dans un esprit proche de certaines vinifications du Beaujolais.
La seconde est plus traditionnelle, avec fermentation sous marc, remontages et extraction progressive pour construire davantage de profondeur et de structure.
Enfin, notre Marselan suit une voie encore différente, avec une fermentation alcoolique sous marc destinée à travailler la texture, la matière et l’équilibre du vin.
Trois façons de vinifier.
Trois expressions du même millésime.
Toujours sans bois
Un point reste essentiel dans notre philosophie : nous ne cherchons pas à masquer le vin derrière le bois.
Nos élevages sont pensés pour respecter le goût véritable du raisin, du cépage et du terroir.
Pas d’aromatisation boisée.
Pas de maquillage.
Nous voulons retrouver dans le verre ce que nous avons goûté dans la vigne : le fruit, la fraîcheur, la matière et l’identité de chaque parcelle.
Pour nous, le vin doit rester lisible.
Le bois peut apporter une signature forte. Nous préférons que cette signature soit celle du raisin.
Entre technique et intuition
La vinification repose sur des analyses, des températures, des densités et des dégustations.
Mais elle ne se résume jamais totalement à des chiffres.
Il faut parfois intervenir.
Parfois attendre.
Parfois ne rien faire.
C’est dans cette succession de décisions que la technique rejoint peu à peu l’intuition.
Et peut-être aussi une forme de magie.
La vigne nous donne la matière.
La vinification lui donne une direction.
Le temps fera le reste.
2026, un millésime que nous retiendrons
Une vendange commencée dès le 11 août.
Une chaleur importante.
Des maturités rapides.
Des volumes généreux malgré les conditions climatiques.
Des vinifications très différentes selon les cépages et les profils recherchés.
Et toujours la même volonté : préserver le fruit et laisser parler le terroir.
Il est encore trop tôt pour définir complètement le millésime 2026.
Mais les premières cuves commencent déjà à montrer leur personnalité.
L’histoire ne fait que commencer.